Alors, aujourd'hui, comme je parle dans la voix d'un annonceur de radio, j'ai du guts. J'ai une nouvelle à t'apprendre, mon cher papa. L'aréna est trop petit. Tu sais, l'aréna où tu vas me reconduire les samedis matin ? Trop petit. Il n'y a pas de place pour nous deux, là-dedans. C'est toi ou c'est moi qui rentre. Je te laisse le choix. J'ai atteint ma limite. C'est du guts que tu veux ? En voici, du guts. Tu es mon père, je te respecte et je t'aime. Je ne sais pas si c'est l'ammoniaque qu'ils mettent dans l'aréna, mais ton cerveau arrête de fonctionner, on dirait. Je voudrais apporter une petite enregistreuse et une caméra vidéo pour que tu puisses te voir et t'entendre.
C'est désolant, si tu veux savoir. J'ai honte, Honte. Toi, tu penses que quand tu entre dans la chambre pour m'aider à attacher mes patins, tu penses que mes coéquipiers me trouvent chanceux d'avoir tout ce beau stock, ces beaux patins, tu penses que mes coéquipiers sont jaloux parce que tu me donnes des conseils, et bien, c'est le contraire.
J'aime le hockey, j'aime mon père, mais je ne suis plus capable de t'entendre crier après moi, de t'entendre insulter l'arbitre, de t'entendre crier des bêtises aux autres joueurs, de te voir montrer au coach comment coacher. Alors samedi prochain : c'est toi ou moi qui rentre à l'aréna. Pas les deux.
Tu veux du guts, papa ?





