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Populaires mais dangereuses Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
(Trois-Rivières) Si les grands stratèges de la pub en ont fait une source d'énergie naturelle et même «tendance» auprès des jeunes, la réalité des boissons énergisantes est tout autre. |
Lorsqu'elles sont consommées de façon excessive ou mélangées avec de l'alcool, ces boissons peuvent en effet avoir de graves conséquences.
«Les jeunes perçoivent ces boissons comme étant bonnes pour la santé. Ils voient les mots ginseng, gingko biloba mais dans les faits, ces boissons contiennent du sucre en grande quantité (environ 25 c à thé. de sucre par canette), de la caféine, de la taurine et de la guarana, qui est une substance active de la caféine», explique Micheline Séguin-Bernier, diététiste à l'Agence de santé.
Une tasse de café apporte entre 75 à 180 mg de caféine. En comparaison, les extraits de guarana vendus dans le commerce des boissons énergisantes fournissent la plupart du temps environ 200 mg de caféine par dose, soit deux fois plus de caféine que le grain de café.
Au Canada, il est interdit d'ajouter de la caféine dans les produits alimentaires sauf pour les boissons gazeuses comme le cola. Santé Canada impose même une limite à ce sujet.
Les fabricants de boissons énergisantes ont donc trouvé un moyen d'échapper à la réglementation en utilisant le guarana et même d'augmenter les concentrations de caféine dans ces boissons. D'ailleurs, il n'y a aucune réglementation spécifique concernant la composition de ce type de boissons au Canada.
En peu de temps, elles sont devenues très populaires. «Il n'y a pas de problème à consommer une boisson énergisante une fois de temps en temps. Une canette ou deux maximum par jour mais pas trois, quatre ou cinq et de façon répétée tous les jours. Il y a même des adolescentes qui, pour maigrir, se nourrissent uniquement de ces boissons car elles ont un effet coupe-faim», a ajouté Mme Séguin-Bernier.
Elle souligne aussi que nombreux jeunes sportifs en consomment avant une compétition dans l'espoir d'augmenter leurs performances. «Il ne faut pas confondre ces boissons avec celles qui étanchent la soif comme le Gatorade; elles ne sont pas nocives pour la santé car elles contiennent uniquement de l'eau, du sodium et des glucides», a précisé Mme Séguin-Bernier.
Bien qu'il soit difficile d'établir un lien entre la quantité de caféine consommée et les effets précis sur la santé, les symptômes suivants ont été observés: déséquilibre électrolytique, nausées, vomissements, irrégularité du rythme cardiaque, insomnie, crampes musculaires, maux de tête, hypertension artérielle et irritation gastrique. Les hygiénistes dentaires dénoncent même des problèmes d'érosion dentaire.
L'autre danger en lien avec les boissons énergisantes est le mélange avec l'alcool. «Le mélange peut donner lieu à une illusion de sobriété momentanée alors que dans les faits, les gens ne le sont pas du tout. Qui plus est, la déshydratation sera accentuée», a précisé Mme Séguin-Bernier.
Elle soutient que des médecins canadiens ont d'ailleurs commencé à sonner l'alarme sur les risques de dépendance que provoquent ces boissons énergisantes et sur les effets secondaires. «La Santé publique ne peut pas l'interdire mais on essaie de sensibiliser les gens. Dans les écoles et certaines arénas, la vente de ces boissons est désormais interdite», a-t-elle conclu.
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«Les boissons énergisantes tuent le monde»
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Dany Trahan ne boira plus une goutte de boissons énergisantes. Depuis son infarctus, il a banni ce produit de sa vie.
Photo: Ève Guillemette
| Nancy Massicote
Le Nouvelliste
(Trois-Rivières) Dany Trahan a longtemps vécu à 200 à l'heure. Jusqu'au jour où il a frappé un mur. C'était le 18 novembre dernier. Au lieu de terminer sa journée auprès de sa femme et de ses enfants comme à l'habitude, le jeune homme a plutôt abouti sur un lit d'hôpital, victime d'un infarctus aigu du myocarde. Il n'avait que 32 ans.
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Dany Trahan a survécu mais il n'a eu d'autre choix que de modifier ses habitudes de vie et de mettre fin aux excès. Il a surtout banni de sa vie le tabac et... les fameuses boissons énergisantes. «Pour moi, ces boissons tuent le monde. J'avoue qu'elles ne sont pas les seules causes de mon infarctus mais elles ont néanmoins eu une grande part de responsabilité. Selon les cardiologues de Montréal, le nombre de personnes de mon âge victimes d'un malaise cardiaque est en hausse depuis que ces boissons existent», a indiqué Dany Trahan.
Domicilié à Saint-Sévère, il avoue que dans les mois précédents son accident, il a vécu la pédale à fond. Cadre dans une succursale de la SAQ le jour, chansonnier à ses heures dans les bars le soir, il jouait également au hockey et entraînait l'équipe de son garçon. Il fumait, buvait jusqu'à huit cafés par jour, se nourrissait mal par manque de temps et pour couronner le tout, il avait découvert les soi-disant vertus des boissons énergisantes il y a un an. «C'était devenu une bouée de sauvetage contre ma fatigue. J'en prenais une fois de temps en temps sans en connaître les risques mais dans les cinq jours précédant mon accident, j'en ai bu une douzaine», a-t-il raconté. Le 18 novembre, il a fait fi de sa fatigue pour aller jouer au hockey. Pendant la partie, il a commencé à se sentir mal, très mal. «J'avais déjà eu un malaise semblable trois semaines avant mais cela avait passé. Toutefois, ce soir-là, c'était bien pire. J'étais essoufflé, j'avais mal au coeur, j'avais des engourdissements. À la deuxième période, j'ai pris mon camion et je me suis rendu seul à l'Hôpital Comtois de Louiseville. Sur place, l'électrocardiogramme a révélé que j'étais en train de faire un infarctus du myocarde. J'avais des spasmes coronariens provoqués par l'abus de stimulants», a-t-il expliqué.
Le médecin était même convaincu qu'il avait consommé de la cocaïne.
«Je n'ai jamais touché à ça. J'étais même prêt à subir des analyses de mon sang pour prouver que je n'avais pris aucune drogue. En fait, le docteur trouvait ça anormal que je sois victime d'un infarctus à 32 ans. Un traitement m'a été administré mais j'ai malgré tout fait un arrêt cardio-respiratoire. J'ai été ranimé par le personnel en place. Heureusement que j'étais déjà à l'hôpital sinon je serais mort!», a-t-il mentionné.
Depuis, Dany Trahan a de nouveau mis le pied sur l'accélérateur mais avec modération cette fois-ci.
«À mon âge, il n'est pas question que j'arrête de vivre. Par contre, j'ai arrêté les mauvaises choses pour ma santé comme la cigarette et les boissons énergisantes. Si je suis fatigué, je vais me coucher. Si je dois combattre cette fatigue, je vais le faire mais de façon naturelle avec un peu de café mais pas plus. Avant la création des boissons énergisantes, on vivait bien. Les jeunes doivent savoir que nous n'avons pas besoin de ça pour vivre», a-t-il conclu.
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